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    <title>Ryan Nyamey.</title>
    <link>https://ryannyamey.fr/</link>
    <description>Cet endroit est mon extension de territoire.&lt;br&gt;&lt;em&gt;Textes publiés quand ils sont prêts.&lt;/em&gt;</description>
    <pubDate>Sat, 02 May 2026 05:00:09 +0000</pubDate>
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      <title>Ryan Nyamey.</title>
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    <item>
      <title>Autopsie de ma rage.</title>
      <link>https://ryannyamey.fr/autopsie-de-ma-rage?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[p class=&#34;type-texte&#34;SLAM/p&#xA;23h24. je n’arrive pas à rester assis.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Je me lève puis je me rassois, je me lève, je presse le pas puis je reviens à ma place.&#xA;Mes pieds dans tous les sens.&#xA;&#xA;Dans la nuit j’ouvre les yeux,&#xA;sur ma montre il est 3h du matin.&#xA;je ferme les yeux, j’essaie de me rendormir.&#xA;&#xA;mon coeur bat fort.&#xA;&#xA;Dans l’obscurité de la nuit. Dans le silence de ma chambre.&#xA;Je ressens les palpitations de mon cœur jusque dans mes oreilles.&#xA;&#xA;Ce tintamarre est assourdissant.&#xA;&#xA;Je tourne et retourne dans mon lit.&#xA;J’ouvre les yeux, il est 3h15.&#xA;&#xA;Le lendemain, je m’empresse de prendre mon téléphone.&#xA;j’agis, je réagis, je partage, je like, je commente.&#xA;Je recherche tout ce qui entretient ma rage.&#xA;Avec frénésie je réponds aux messages.&#xA;je jongle entre plusieurs interlocuteurs.&#xA;je rappelle les chiffres.&#xA;Je fais des screenshots.&#xA;&#xA;Rien d’autre n’a d’importance pour moi.&#xA;&#xA;Un ami m’envoi une blague. Elle n’est pas drôle. en plus il me perd du temps.&#xA;Un autre réagit à ma story, je m’empresse de lui partager l&#39;article que je viens de lire.&#xA;&#xA;Chez le boulanger, je vois Sonia Mabrouk dans l’édition du midi.&#xA;Un invité rappelle la victoire idéologique de son parti.&#xA;&#xA;Pourquoi tu te mets dans cet état?&#xA;Je pense à lui, qui me dit que je vois le mal partout.&#xA;&#xA;Je repense à l’étudiant que j’étais qui faisait la queue à partir de 5h du matin afin d’avoir le graal pour renouveler son titre de séjour.&#xA;A qui on refusait de faire des visites parce qu’il avait un accent.&#xA;Je pense à tous ceux qui pendant le confinement, alors que tout le monde était au chaud chez lui, sortait pour nous livrer nos colis amazon et sortir nos poubelles.&#xA;Depuis hier soir je pense à la jeune fille qui se prostituera pour manger.&#xA;je pense à tous ces étudiants poussés vers la précarité.&#xA;Je pense à ces familles dans la rue qui ne pourront plus se loger.&#xA;je pense à cet étudiant placé en garde à vue car son titre de séjour n’a pas été renouvelé.&#xA;je pense à cette personne dite sans papier rendue main-d’œuvre volontaire et corvéable à merci.&#xA;&#xA;Ils parlent d’améliorer l’attractivité de la France dans le monde.&#xA;Ils peignent une France renfermée sur elle-même qui craint l’invasion.&#xA;&#xA;L’étranger n’est pas un danger.&#xA;&#xA;il disait que notre vote l’engageait.&#xA;le bisou de la haine sur la joue, il nous dévisage.&#xA;&#xA;l’étranger n’est pas un danger&#xA;&#xA;Le feu de la division qui brûle a encore été attisé.&#xA;La population se divise.&#xA;&#xA;Autopsie de ma rage.&#xA;&#xA;slam]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><p class="type-texte">SLAM</p>
23h24. je n’arrive pas à rester assis.</p>



<p>Je me lève puis je me rassois, je me lève, je presse le pas puis je reviens à ma place.
Mes pieds dans tous les sens.</p>

<p>Dans la nuit j’ouvre les yeux,
sur ma montre il est 3h du matin.
je ferme les yeux, j’essaie de me rendormir.</p>

<p>mon coeur bat fort.</p>

<p>Dans l’obscurité de la nuit. Dans le silence de ma chambre.
Je ressens les palpitations de mon cœur jusque dans mes oreilles.</p>

<p>Ce tintamarre est assourdissant.</p>

<p>Je tourne et retourne dans mon lit.
J’ouvre les yeux, il est 3h15.</p>

<p>Le lendemain, je m’empresse de prendre mon téléphone.
j’agis, je réagis, je partage, je like, je commente.
Je recherche tout ce qui entretient ma rage.
Avec frénésie je réponds aux messages.
je jongle entre plusieurs interlocuteurs.
je rappelle les chiffres.
Je fais des screenshots.</p>

<p>Rien d’autre n’a d’importance pour moi.</p>

<p>Un ami m’envoi une blague. Elle n’est pas drôle. en plus il me perd du temps.
Un autre réagit à ma story, je m’empresse de lui partager l&#39;article que je viens de lire.</p>

<p>Chez le boulanger, je vois Sonia Mabrouk dans l’édition du midi.
Un invité rappelle la victoire idéologique de son parti.</p>

<p>Pourquoi tu te mets dans cet état?
Je pense à lui, qui me dit que je vois le mal partout.</p>

<p>Je repense à l’étudiant que j’étais qui faisait la queue à partir de 5h du matin afin d’avoir le graal pour renouveler son titre de séjour.
A qui on refusait de faire des visites parce qu’il avait un accent.
Je pense à tous ceux qui pendant le confinement, alors que tout le monde était au chaud chez lui, sortait pour nous livrer nos colis amazon et sortir nos poubelles.
Depuis hier soir je pense à la jeune fille qui se prostituera pour manger.
je pense à tous ces étudiants poussés vers la précarité.
Je pense à ces familles dans la rue qui ne pourront plus se loger.
je pense à cet étudiant placé en garde à vue car son titre de séjour n’a pas été renouvelé.
je pense à cette personne dite sans papier rendue main-d’œuvre volontaire et corvéable à merci.</p>

<p>Ils parlent d’améliorer l’attractivité de la France dans le monde.
Ils peignent une France renfermée sur elle-même qui craint l’invasion.</p>

<p>L’étranger n’est pas un danger.</p>

<p>il disait que notre vote l’engageait.
le bisou de la haine sur la joue, il nous dévisage.</p>

<p>l’étranger n’est pas un danger</p>

<p>Le feu de la division qui brûle a encore été attisé.
La population se divise.</p>

<p>Autopsie de ma rage.</p>

<p><a href="https://ryannyamey.fr/tag:slam" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">slam</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://ryannyamey.fr/autopsie-de-ma-rage</guid>
      <pubDate>Sat, 18 Apr 2026 18:58:48 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le stylo est mon arme</title>
      <link>https://ryannyamey.fr/le-stylo-est-mon-arme?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[p class=&#34;type-texte&#34;SLAM/p&#xA;pem&#34;Music is a spiritual thing.&#34;/em — a href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=MjlyfHvD3rs&#34; target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;Fela Kuti/a/p&#xA;&#xA;Le slam, c&#39;est l&#39;art de sculpter la beauté.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Tisser des images, des émotions en liberté.&#xA;Les mots sont pinceaux, forme noire sur la toile blanche.&#xA;Créant sensations, expériences qui se partagent.&#xA;&#xA;L&#39;ordinaire se transforme, le brutal s&#39;apaise.&#xA;L&#39;intellectuel se révèle et en vers, il s&#39;exprime.&#xA;Mais plus que des mots, c&#39;est un cri du cœur sincère.&#xA;Vulnérabilité, partage, créativité,&#xA;une âme qui se libère.&#xA;&#xA;Dans ce monde où les mots perdent leurs éclats, où l&#39;émotion se tait,&#xA;le slam est un combat.&#xA;Il m&#39;a appris à me dévoiler, à montrer mes blessures, à partager mes joies,&#xA;sans peur, sans imposture.&#xA;&#xA;Le slam, c&#39;est comme se mettre à nu devant un miroir.&#xA;&#xA;J&#39;accepte l&#39;angoisse de la scène, j&#39;acquiesce le regard de mon auditoire.&#xA;Bombe sur les plaies, main tendue vers l&#39;inconnu.&#xA;Le slam est un refuge où l&#39;âme se sent nue.&#xA;&#xA;Loin des discours masqués, des rôles qu&#39;on endosse.&#xA;C&#39;est mon cœur qui s&#39;exprime, c&#39;est ma voix qui s&#39;élève.&#xA;&#xA;Catharsis,&#xA;libération des émotions bouillantes.&#xA;Mes tripes se tordent, mes mots deviennent brûlants.&#xA;Oser partager ses failles, un saut dans le vide.&#xA;Mais mon message est mon guide.&#xA;&#xA;Le slam, comme un cri primal, jaillit de mes entrailles.&#xA;&#xA;En décembre, une loi, un projet qui divise.&#xA;Colère, indignation, honte, mon âme est en crise.&#xA;Le stylo devient mon arme, une bouée de sauvetage.&#xA;Mes mots coulent sur le papier, apaisant ma rage.&#xA;&#xA;Ce texte, c&#39;est mon histoire, mais aussi celle des autres.&#xA;L&#39;empathie nous unit, face au vent et aux averses.&#xA;En partageant mes mots, j&#39;ai touché les cœurs.&#xA;Le pouvoir du slam, c&#39;est de partager les pleurs.&#xA;&#xA;Le slam, c&#39;est bien plus qu&#39;un art, c&#39;est un chemin vers soi.&#xA;&#xA;Guérison, rassemblement, une voix qui se déploie.&#xA;Les mots prennent vie, dansent sur la scène nue.&#xA;Invitation à la rencontre, ils nous dépouillent.&#xA;&#xA;Alors, ose prendre ta plume, explore tes émotions.&#xA;Partage-les avec le monde, sans peur, sans restriction.&#xA;Laisse les mots jaillir, ta voix résonner.&#xA;&#xA;Le slam est un pont pour se connecter, pour s&#39;aimer.&#xA;Le slam, ma voix. Ma catharsis.&#xA;&#xA;Quand les mots font vibrer.&#xA;&#xA;slam]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p class="type-texte">SLAM</p>
<p><em>&#34;Music is a spiritual thing.&#34;</em> — <a href="https://www.youtube.com/watch?v=MjlyfHvD3rs" target="_blank">Fela Kuti</a></p>

<p>Le slam, c&#39;est l&#39;art de sculpter la beauté.</p>



<p>Tisser des images, des émotions en liberté.
Les mots sont pinceaux, forme noire sur la toile blanche.
Créant sensations, expériences qui se partagent.</p>

<p>L&#39;ordinaire se transforme, le brutal s&#39;apaise.
L&#39;intellectuel se révèle et en vers, il s&#39;exprime.
Mais plus que des mots, c&#39;est un cri du cœur sincère.
Vulnérabilité, partage, créativité,
une âme qui se libère.</p>

<p>Dans ce monde où les mots perdent leurs éclats, où l&#39;émotion se tait,
le slam est un combat.
Il m&#39;a appris à me dévoiler, à montrer mes blessures, à partager mes joies,
sans peur, sans imposture.</p>

<p>Le slam, c&#39;est comme se mettre à nu devant un miroir.</p>

<p>J&#39;accepte l&#39;angoisse de la scène, j&#39;acquiesce le regard de mon auditoire.
Bombe sur les plaies, main tendue vers l&#39;inconnu.
Le slam est un refuge où l&#39;âme se sent nue.</p>

<p>Loin des discours masqués, des rôles qu&#39;on endosse.
C&#39;est mon cœur qui s&#39;exprime, c&#39;est ma voix qui s&#39;élève.</p>

<p>Catharsis,
libération des émotions bouillantes.
Mes tripes se tordent, mes mots deviennent brûlants.
Oser partager ses failles, un saut dans le vide.
Mais mon message est mon guide.</p>

<p>Le slam, comme un cri primal, jaillit de mes entrailles.</p>

<p>En décembre, une loi, un projet qui divise.
Colère, indignation, honte, mon âme est en crise.
Le stylo devient mon arme, une bouée de sauvetage.
Mes mots coulent sur le papier, apaisant ma rage.</p>

<p>Ce texte, c&#39;est mon histoire, mais aussi celle des autres.
L&#39;empathie nous unit, face au vent et aux averses.
En partageant mes mots, j&#39;ai touché les cœurs.
Le pouvoir du slam, c&#39;est de partager les pleurs.</p>

<p>Le slam, c&#39;est bien plus qu&#39;un art, c&#39;est un chemin vers soi.</p>

<p>Guérison, rassemblement, une voix qui se déploie.
Les mots prennent vie, dansent sur la scène nue.
Invitation à la rencontre, <strong>ils nous dépouillent.</strong></p>

<p>Alors, ose prendre ta plume, explore tes émotions.
Partage-les avec le monde, sans peur, sans restriction.
Laisse les mots jaillir, ta voix résonner.</p>

<p>Le slam est un pont pour se connecter, pour s&#39;aimer.
Le slam, ma voix. Ma catharsis.</p>

<p>Quand les mots font vibrer.</p>

<p><a href="https://ryannyamey.fr/tag:slam" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">slam</span></a></p>
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      <guid>https://ryannyamey.fr/le-stylo-est-mon-arme</guid>
      <pubDate>Sat, 18 Apr 2026 18:33:32 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Conversation avec un Ami: Réflexions d’un Camerounais en exil.</title>
      <link>https://ryannyamey.fr/conversation-avec-un-ami-reflexions-dun-camerounais-en-exil?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[p class=&#34;type-texte&#34;ESSAI/p&#xA;Les élections du 12 octobre dernier m’ont en quelque sorte ouvert les yeux.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Je savais que ces élections étaient un simulacre, mais je voulais quand même y croire.&#xA;J’avais besoin de sentir le pouls de mon pays et de ressentir cet espoir qui nous anime.&#xA;&#xA;Mais au bout du compte, elles m’ont forcé à m’interroger, à interroger mon rapport à mon pays, et à mes congénères.&#xA;On dit au pays que si tu essaies de comprendre le Cameroun, c’est qu’on te l’a mal expliqué.&#xA;&#xA;C’est pourtant ce que j’essaie toujours de faire.&#xA;&#xA;On a commencé à parler comme ça, sans vraiment planifier.&#xA;Au début, c’était juste une conversation d’amis, puis peu à peu, on a mis des mots sur ce qu’on porte depuis des années : ce truc qu’on sent au fond du ventre quand on pense au Cameroun.&#xA;Une sorte de fatigue profonde, intime, politique mais aussi sociale.&#xA;&#xA;Je lui ai dit : « Je peux vivre partout sauf au Cameroun. »&#xA;&#xA;Ce n’est pas un reproche à mon pays ou au Camerounais.e.s, au contraire.&#xA;juste que moi, je n’ai pas la force.&#xA;Ce n’est pas une provocation, mais un constat.&#xA;À chaque fois que j’y vais, j’ai cette impression d’être en tension, comme si l’air lui-même me demandait de me défendre.&#xA;&#xA;À l’aéroport de Nsimalen, quand je sors, je ressens la brimade de l’officier de la police aux frontières.&#xA;Quand je récupère mon bagage, j’entends : « Aka, marchez vite, vous faites perdre le temps aux gens ! »&#xA;&#xA;Quand je prends le taxi, je sens que les gens sont tendus.&#xA;&#xA;Ma sœur m’a fait remarquer que j’étais plus détendu depuis que j’étais parti du Cameroun, comme si nous étions tous dans une cocotte-minute qui attend d’exploser.&#xA;&#xA;Et c’est le régime en place qui tenait le réchaud.&#xA;&#xA;Il m’a compris tout de suite et m’a répondu qu’il avait ressenti la même chose.&#xA;Il a coupé les ponts un moment, puis en revenant, il a retrouvé un esprit fermé, lourd, parfois même prétentieux.&#xA;&#xA;Nous sommes le Continent quand même !&#xA;&#xA;Quand nous partageons ces observations, on dit de nous que « nous sommes en mbeng », et que nous ne devrions plus parler des choses du pays.&#xA;&#xA;On a ri, mais c’était un rire amer.&#xA;&#xA;Ce n’est pas de la honte de nos origines.&#xA;C’est juste ce mur invisible entre “eux” et “nous”.&#xA;&#xA;Ce “nous” qui sommes partis, et ce “eux” qui y vivent.&#xA;Les uns croient qu’on se croit supérieurs, les autres pensent qu’ils sont restés authentiques.&#xA;Et pendant ce temps, personne ne se comprend.&#xA;&#xA;Je lui ai dit : « On fait la guerre à la diaspora. »&#xA;&#xA;Et c’est vrai. Tout le monde soupçonne tout le monde.&#xA;Ceux du pays pensent qu’on a perdu notre africanité, notre camerounité, et nous, on pense qu’ils nous rejettent.&#xA;&#xA;Entre les deux, plus de ponts. Seulement des jugements.&#xA;&#xA;Pourtant, l’argent revient toujours dans nos conversations, comme un poison doux.&#xA;Moi, je repense à une proche, celle qui m’a demandé de l’aide pour payer son loyer mais qui soutient “tu sais qui”.&#xA;Comment peut-on soutenir notre tortionnaire ?&#xA;&#xA;Je me dis : on est fatigués, oui, mais on est aussi incohérents.&#xA;&#xA;On dénonce le système tout en le nourrissant, car il se nourrit de nos transferts, de nos Taptap Send, de nos taxes, de nos visas payés cher pour revoir nos familles au pays.&#xA;&#xA;Il a dit : « Beaucoup sont suicidaires sans le savoir. »&#xA;&#xA;Et il a raison.&#xA;On noie le vide dans l’alcool, le sexe, les petites habitudes qui tuent lentement la vie.&#xA;Je lui faisais remarquer que la bière qu’on boit au Cameroun est l’une des plus fortes d’Afrique et que nous sommes bien hauts dans le classement des grands buveurs.&#xA;&#xA;Nous n’avons rien à envier aux Lions Indomptables du Cameroun et à leurs cinq médailles à la CAN.&#xA;&#xA;Nous sommes malades.&#xA;Parce que c’est ça, le vrai mot : malades.&#xA;Pas seulement économiquement.&#xA;Nous sommes malades psychiquement.&#xA;&#xA;Il évoque une ancienne camarade, brillante, mais broyée par le système.&#xA;&#xA;« Une caricature d’elle-même », il dit.&#xA;Je l’écoute et je vois le schéma partout : le régime dévore les esprits vifs.&#xA;Il transforme les talents en fonctionnaires du désespoir.&#xA;Un intellectuel finit par se taire, ou par pactiser avec le vide.&#xA;Il bourre les urnes pour un billet de 5000 FCFA.&#xA;Il vote un nonagénaire pour un casier de Guinness.&#xA;&#xA;Ce n’est pas un manque de matière grise, c’est une asphyxie collective.&#xA;Le régime n’a jamais aimé les gens qui brillent trop. Il faut les étouffer.&#xA;&#xA;À un moment, je lui parle d’Eto’o.&#xA;&#xA;Je lui dis que je me suis senti trahi.&#xA;Parce qu’il a plongé dans le marigot comme les autres.&#xA;Il me répond : « Quand tu entres dans le marigot, tu deviens caïman. »&#xA;&#xA;Cette phrase m’est restée.&#xA;&#xA;Dans ce système, même les héros finissent avalés.&#xA;Il n’y a pas de place pour rester pur.&#xA;&#xA;C’est la Fecafoot.&#xA;&#xA;Et puis il dit cette autre phrase : « Qu’il sorte de la prison mentale camer. »&#xA;Je souris. Parce qu’il a raison.&#xA;Cette prison, c’est dans nos têtes.&#xA;Le système nous a appris à penser petit, à douter de nos propres rêves.&#xA;On s’enferme entre nous et on se moque de ceux qui s’écartent du troupeau.&#xA;&#xA;On les appelle “snobs”, “vendus”, “occidentalisés”, “les blancs”.&#xA;&#xA;Mais la vérité, c’est qu’ils essaient juste de respirer.&#xA;Moi, j’ai arrêté de fréquenter certains cercles.&#xA;J’en avais marre des discussions creuses, des retrouvailles sans sens.&#xA;&#xA;On m’a dit que je me prenais pour un autre.&#xA;Il m’a répondu : « Ce n’est pas du snobisme, c’est de l’ambition. »&#xA;&#xA;Et ça m’a fait du bien.&#xA;&#xA;Parce qu’on confond souvent le désir d’apprendre avec le mépris.&#xA;Dans ce système, dès que tu veux grandir, t’émanciper, on t’accuse de trahir.&#xA;Pourtant, nous devons retrouver l’exigence, briser cette banalisation du médiocre qu’on nous a imposée.&#xA;&#xA;Nous avons ensuite parlé du lycée que nous avions fréquenté au pays.&#xA;&#xA;Nous y avions déjà vu un Cameroun en miniature, fait de hiérarchies invisibles, d’apparences, de vanité.&#xA;Où les enfants reproduisent les tares de leurs parents.&#xA;&#xA;Les chouchous du régime.&#xA;&#xA;Tout le monde veut appartenir, mais personne ne veut s’émanciper.&#xA;&#xA;Et puis nous avons parlé de celui dont on ne prononce pas le nom, Barthélemy Bi Mvondo.&#xA;Il a dit : « Il aspire notre énergie. »&#xA;Et j’ai répondu : « Le problème, ce n’est pas lui, c’est nous. ».&#xA;&#xA;Il n’est pas un sujet, juste un symptôme.&#xA;Le système qu’il incarne a installé une médiocrité ambiante, à son image.&#xA;&#xA;Une manière molle de tout accepter, de tout relativiser, de tout expliquer par le fatalisme.&#xA;Et c’est ça qu’il faut combattre : la médiocrité ambiante.&#xA;Parce qu’au fond, il ne règne que par notre consentement.&#xA;&#xA;Il est devenu un symbole : celui du pays figé, de l’âme fatiguée.&#xA;Ce n’est plus un président, c’est une habitude.&#xA;Une longue somnolence collective.&#xA;&#xA;Ce régime sera une longue parenthèse qui finira par se refermer.&#xA;Et il sera oublié comme tel.&#xA;&#xA;Je le vois maintenant encore plus clairement.&#xA;Les élections du 12 octobre dernier m’ont en quelque sorte ouvert les yeux.&#xA;Je savais que ces élections étaient un simulacre, mais je voulais quand même y croire.&#xA;&#xA;J’ai beaucoup appris sur moi, sur mes proches, et sur ce que je veux pour mon pays.&#xA;Parce qu’à force d’aimer ce pays, on finit par se brûler les ailes.&#xA;&#xA;Alors on apprend à aimer autrement : à distance, sans illusions, mais avec fidélité.&#xA;Comme on aime quelqu’un qu’on ne peut plus sauver, mais qu’on refuse d’abandonner.&#xA;&#xA;Je suis un Camerounais de nationalité française, et peut-être que cette double appartenance est ma façon à moi de rester libre.&#xA;&#xA;Allons seulement.&#xA;&#xA;essai]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><p class="type-texte">ESSAI</p>
<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_camerounaise_de_2025">Les élections du 12 octobre</a> dernier m’ont en quelque sorte ouvert les yeux.</p>



<p>Je savais que ces élections étaient un simulacre, mais je voulais quand même y croire.
J’avais besoin de sentir le pouls de mon pays et de ressentir cet espoir qui nous anime.</p>

<p>Mais au bout du compte, elles m’ont forcé à m’interroger, à interroger mon rapport à mon pays, et à mes congénères.
On dit au pays que si tu essaies de comprendre le Cameroun, c’est qu’on te l’a mal expliqué.</p>

<p><strong>C’est pourtant ce que j’essaie toujours de faire.</strong></p>

<p>On a commencé à parler comme ça, sans vraiment planifier.
Au début, c’était juste une conversation d’amis, puis peu à peu, on a mis des mots sur ce qu’on porte depuis des années : ce truc qu’on sent au fond du ventre quand on pense au Cameroun.
Une sorte de fatigue profonde, intime, politique mais aussi sociale.</p>

<p>Je lui ai dit : « Je peux vivre partout sauf au Cameroun. »</p>

<p>Ce n’est pas un reproche à mon pays ou au Camerounais.e.s, au contraire.
juste que moi, je n’ai pas la force.
Ce n’est pas une provocation, mais un constat.
À chaque fois que j’y vais, j’ai cette impression d’être en tension, comme si l’air lui-même me demandait de me défendre.</p>

<p>À l’aéroport de Nsimalen, quand je sors, je ressens la brimade de l’officier de la police aux frontières.
Quand je récupère mon bagage, j’entends : « <em>Aka, marchez vite, vous faites perdre le temps aux gens !</em> »</p>

<p>Quand je prends le taxi, je sens que les gens sont tendus.</p>

<p>Ma sœur m’a fait remarquer que j’étais plus détendu depuis que j’étais parti du Cameroun, comme si nous étions tous dans une cocotte-minute qui attend d’exploser.</p>

<p>Et c’est le régime en place qui tenait le réchaud.</p>

<p>Il m’a compris tout de suite et m’a répondu qu’il avait ressenti la même chose.
Il a coupé les ponts un moment, puis en revenant, il a retrouvé un esprit fermé, lourd, parfois même prétentieux.</p>

<p>Nous sommes le <a href="https://calenda.org/1189462#:~:text=Le%20Cameroun%20est%20surnomm%C3%A9%20le,v%C5%93ux%20pour%20l%27ann%C3%A9e%202024.">Continent</a> quand même !</p>

<p>Quand nous partageons ces observations, on dit de nous que « <em>nous sommes en mbeng</em> », et que nous ne devrions plus parler des choses du pays.</p>

<p>On a ri, mais c’était un rire amer.</p>

<p>Ce n’est pas de la honte de nos origines.
C’est juste ce mur invisible entre “eux” et “nous”.</p>

<p>Ce “nous” qui sommes partis, et ce “eux” qui y vivent.
Les uns croient qu’on se croit supérieurs, les autres pensent qu’ils sont restés authentiques.
Et pendant ce temps, personne ne se comprend.</p>

<p>Je lui ai dit : « On fait la guerre à la diaspora. »</p>

<p>Et c’est vrai. Tout le monde soupçonne tout le monde.
Ceux du pays pensent qu’on a perdu notre africanité, notre camerounité, et nous, on pense qu’ils nous rejettent.</p>

<p>Entre les deux, plus de ponts. Seulement des jugements.</p>

<p>Pourtant, <a href="https://www.businessincameroon.com/finance/1710-15203-cemac-mobile-money-drives-cfa557-3-billion-in-diaspora-transfers-in-2023">l’argent revient toujours dans nos conversations, comme un poison doux.</a>
Moi, je repense à une proche, celle qui m’a demandé de l’aide pour payer son loyer mais qui soutient “tu sais qui”.
Comment peut-on soutenir notre tortionnaire ?</p>

<p>Je me dis : on est fatigués, oui, mais on est aussi incohérents.</p>

<p>On dénonce le système tout en le nourrissant, car il se nourrit de nos transferts, de nos Taptap Send, de nos taxes, de nos visas payés cher pour revoir nos familles au pays.</p>

<p>Il a dit : « Beaucoup sont suicidaires sans le savoir. »</p>

<p>Et il a raison.
<a href="https://www.africanews.com/2022/11/11/cameroon-despite-a-ban-whisky-sachets-remain-very-popular/">On noie le vide dans l’alcool, le sexe, les petites habitudes qui tuent lentement la vie.</a>
Je lui faisais remarquer que la bière qu’on boit au Cameroun est l’une des plus fortes d’Afrique et que nous sommes bien hauts dans le classement des grands buveurs.</p>

<p><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Cameroon_national_football_team">Nous n’avons rien à envier aux Lions Indomptables du Cameroun et à leurs cinq médailles à la CAN.</a></p>

<p>Nous sommes malades.
Parce que c’est ça, le vrai mot : malades.
Pas seulement économiquement.
Nous sommes malades psychiquement.</p>

<p>Il évoque une ancienne camarade, brillante, mais broyée par le système.</p>

<p>« Une caricature d’elle-même », il dit.
Je l’écoute et je vois le schéma partout : le régime dévore les esprits vifs.
Il transforme les talents en fonctionnaires du désespoir.
Un intellectuel finit par se taire, ou par pactiser avec le vide.
<a href="https://www.aciafrica.org/news/18179/respect-the-truth-of-the-ballots-catholic-bishop-urges-stakeholders-after-cameroons-presidential-election">Il bourre les urnes pour un billet de 5000 FCFA.</a>
Il vote un nonagénaire pour un casier de Guinness.</p>

<p>Ce n’est pas un manque de matière grise, c’est une asphyxie collective.
Le régime n’a jamais aimé les gens qui brillent trop. Il faut les étouffer.</p>

<p>À un moment, je lui parle d’Eto’o.</p>

<p>Je lui dis que je me suis senti trahi.
<a href="https://www.camfoot.com/actualites/presidentielle-2025-le-president-de-la-fecafoot-samuel-etoo-va-battre-campagne-pour-paul-biya,529841.html">Parce qu’il a plongé dans le marigot comme les autres.</a>
Il me répond : « Quand tu entres dans le marigot, tu deviens caïman. »</p>

<p>Cette phrase m’est restée.</p>

<p>Dans ce système, même les héros finissent avalés.
Il n’y a pas de place pour rester pur.</p>

<p><a href="https://youtu.be/SDiNIbn6dV0?si=sYS-6cgnxS1PLAJ3">C’est la Fecafoot.</a></p>

<p>Et puis il dit cette autre phrase : « Qu’il sorte de la prison mentale camer. »
Je souris. Parce qu’il a raison.
Cette prison, c’est dans nos têtes.
Le système nous a appris à penser petit, à douter de nos propres rêves.
On s’enferme entre nous et on se moque de ceux qui s’écartent du troupeau.</p>

<p>On les appelle “snobs”, “vendus”, “occidentalisés”, “les blancs”.</p>

<p>Mais la vérité, c’est qu’ils essaient juste de respirer.
Moi, j’ai arrêté de fréquenter certains cercles.
J’en avais marre des discussions creuses, des retrouvailles sans sens.</p>

<p>On m’a dit que je me prenais pour un autre.
Il m’a répondu : « Ce n’est pas du snobisme, c’est de l’ambition. »</p>

<p>Et ça m’a fait du bien.</p>

<p>Parce qu’on confond souvent le désir d’apprendre avec le mépris.
Dans ce système, dès que tu veux grandir, t’émanciper, on t’accuse de trahir.
<a href="https://youtu.be/1TXwkbZISY4?si=u7hxySz5YAdqeWZM">Pourtant, nous devons retrouver l’exigence, briser cette banalisation du médiocre qu’on nous a imposée.</a></p>

<p>Nous avons ensuite parlé du lycée que nous avions fréquenté au pays.</p>

<p>Nous y avions déjà vu un Cameroun en miniature, fait de hiérarchies invisibles, d’apparences, de vanité.
Où les enfants reproduisent les tares de leurs parents.</p>

<p>Les chouchous du régime.</p>

<p>Tout le monde veut appartenir, mais personne ne veut s’émanciper.</p>

<p>Et puis nous avons parlé de celui dont on ne prononce pas le nom, Barthélemy Bi Mvondo.
Il a dit : « Il aspire notre énergie. »
Et j’ai répondu : « Le problème, ce n’est pas lui, c’est nous. ».</p>

<p>Il n’est pas un sujet, juste un symptôme.
<a href="https://africacoeurnews.com/2025/01/13/mediocrite-institutionnelle-enjeux-pour-le-cameroun/">Le système qu’il incarne a installé une médiocrité ambiante, à son image.</a></p>

<p>Une manière molle de tout accepter, de tout relativiser, de tout expliquer par le fatalisme.
Et c’est ça qu’il faut combattre : la médiocrité ambiante.
Parce qu’au fond, il ne règne que par notre consentement.</p>

<p>Il est devenu un symbole : celui du pays figé, de l’âme fatiguée.
Ce n’est plus un président, c’est une habitude.
Une longue somnolence collective.</p>

<p><strong>Ce régime sera une longue parenthèse qui finira par se refermer.
Et il sera oublié comme tel.</strong></p>

<p>Je le vois maintenant encore plus clairement.
Les élections du 12 octobre dernier m’ont en quelque sorte ouvert les yeux.
Je savais que ces élections étaient un simulacre, mais je voulais quand même y croire.</p>

<p>J’ai beaucoup appris sur moi, sur mes proches, et sur ce que je veux pour mon pays.
Parce qu’à force d’aimer ce pays, on finit par se brûler les ailes.</p>

<p>Alors on apprend à aimer autrement : à distance, sans illusions, mais avec fidélité.
Comme on aime quelqu’un qu’on ne peut plus sauver, mais qu’on refuse d’abandonner.</p>

<p>Je suis un Camerounais de nationalité française, et peut-être que cette double appartenance est ma façon à moi de rester libre.</p>

<p>Allons seulement.</p>

<p><a href="https://ryannyamey.fr/tag:essai" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">essai</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://ryannyamey.fr/conversation-avec-un-ami-reflexions-dun-camerounais-en-exil</guid>
      <pubDate>Thu, 23 Oct 2025 15:08:15 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Ce que j’ai retenu de Linchpin de Seth Godin</title>
      <link>https://ryannyamey.fr/etes-vous-un-rouage-de-la-machine?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[p class=&#34;type-texte&#34;LECTURE/p&#xA;Êtes-vous un rouage de la machine?&#xA;&#xA;Parfois, on lit un livre qui ne change pas seulement notre façon de penser, mais aussi notre manière d’agir. Linchpin de Seth Godin est l’un de ces livres.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Il pose une question simple mais essentielle : comment devenir indispensable dans un monde où tout le monde est remplaçable ? A l’heure où l’intelligence artificielle menace des emplois et où tout est formaté, normé, où tout les contenus se ressemblent. Comment trouver son originalité et explorer sa créativité?&#xA;&#xA;Cette idée m’a profondément marqué, et voici ce que j’ai retenu.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Être un Linchpin : Plus qu’un Rouage&#xA;&#xA;Dans son livre, Seth Godin critique le modèle industriel qui a façonné le monde du travail. Ce modèle nous pousse à suivre des règles, exécuter des tâches sans réfléchir, et devenir des rouages facilement remplaçables. Mais ce que propose Godin, c’est tout l’inverse : il nous invite à devenir des &#34;linchpins&#34;, ces personnes indispensables qui apportent une véritable valeur ajoutée, que ce soit par leur créativité, leur capacité à connecter les autres ou leur volonté de résoudre des problèmes.&#xA;&#xA;Un linchpin, c’est la personne que l’on ne voit pas forcément, mais dont l’absence est immédiatement ressentie. C’est la barista qui se souvient de votre prénom, qui vous demande comment vous allez, et qui transforme une simple commande de café en une expérience personnelle.&#xA;&#xA;C’est aussi l’employé qui va au-delà de ce qui est attendu, non pas parce que c’est &#34;son travail&#34;, mais parce qu’il voit une opportunité d’apporter quelque chose de plus.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Créer du Lien et Donner de la Valeur&#xA;&#xA;Seth Godin insiste sur une idée forte : un linchpin crée du lien. Que ce soit dans son cercle proche, avec ses collègues ou même à grande échelle, il sait connecter les gens et donner de la valeur à ses interactions. J’ai trouvé cet aspect particulièrement inspirant. On parle souvent de productivité ou de résultats, mais combien de fois parlons-nous de l’impact émotionnel que nous avons sur les autres ?&#xA;&#xA;Un exemple m’a marqué : la barista que je voyais chaque semaine dans l’hôtel Eklo à la Cartoucherie à Toulouse. Elle se souvenait de mon prénom, connaissait ma commande, et prenait le temps de discuter. Rien ne l’obligeait à faire ça, mais elle le faisait. Et c’est précisément pourquoi je revenais chaque semaine. Elle avait compris ce que Godin appelle &#34;l’art de donner plus que ce qui est attendu&#34;.&#xA;&#xA;Je ne venais plus juste pour prendre un café mais pour connecter avec un être humain.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Le Mythe du Self-Made Man&#xA;&#xA;L’une des choses qui m’a particulièrement touché dans le livre, c’est la démystification du &#34;self-made man&#34;. Godin rappelle que personne ne réussit seul. Un Linchpin sait qu’il fait partie d’un tout et qu’il doit s’appuyer sur les autres tout autant qu’ils s’appuient sur lui.&#xA;&#xA;Créer des connexions authentiques, partager des idées et collaborer sont au cœur de cette philosophie.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Être un Linchpin dans un Monde de Machines&#xA;&#xA;Godin met également en lumière un problème : la standardisation du travail. Depuis l’époque de Ford et des chaînes de production, tout a été optimisé pour que les employés soient interchangeables. Aujourd’hui, même le travail intellectuel est compartimenté. On out source des tâches, on divise des projets en micro-étapes, et les individus deviennent de plus en plus déconnectés du résultat final.&#xA;&#xA;Mais un linchpin refuse cela. Il ne se contente pas d’exécuter des tâches. Il voit des problèmes, propose des solutions et, surtout, il prend des initiatives. Être un linchpin, c’est refuser d’être remplaçable.&#xA;&#xA;C’est développer une compétence unique, inimitable, et la mettre au service des autres.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Ce que j’en retiens pour moi&#xA;&#xA;Ce livre m’a poussé à réfléchir à ma propre approche du travail et de la vie. Je ne veux pas simplement &#34;faire mon travail&#34;.&#xA;&#xA;Je veux être cette personne qui, en voyant un problème, propose une solution.&#xA;&#xA;Je veux créer du lien, inspirer, et apporter quelque chose d’unique.&#xA;&#xA;Être un linchpin, ce n’est pas forcément être un leader charismatique ou un génie visionnaire comme Steve Jobs. Cela peut être aussi simple que de s’impliquer avec passion dans ce qu’on fait, de prendre des initiatives, et de toujours chercher à donner un peu plus que ce qui est attendu.&#xA;&#xA;Je l’applique au quotidien avec le travail que je fais sur l’Art de Dire, le podcast que j’anime avec mes ami.e.s autour de la pris de parole en public. Nous voulons donner au plus grand nombre les enseignements que nous avons reçu dans la prise de parole en public afin que tout le monde puisse se l&#39;approprier. Et ce livre m&#39;a convaincu que je n&#39;avais pas besoin d&#39;être Barack Obama pour partager à mon échelle ce que je fais.&#xA;&#xA;Aussi, Godin m&#39;a convaincu de ne pas craindre d&#39;être pleinement moi-même. Il m&#39;a appris à embrasser mon rôle d&#39;artiste : celui qui voit le monde différemment et enrichit la palette de nuances là où d&#39;autres préfèrent un monde en noir et blanc.&#xA;&#xA;---&#xA;&#xA;Et vous ?&#xA;&#xA;À votre tour, posez-vous la question : êtes-vous un linchpin dans votre travail, dans votre vie personnelle ou dans vos projets ? Quels gestes, quelles idées, quelle énergie pourriez-vous apporter pour devenir indispensable ?&#xA;&#xA;Linchpin de Seth Godin est une invitation à être plus que ce que l’on attend de nous, à devenir une source de valeur unique dans tout ce que l’on entreprend.&#xA;&#xA;A inspirer d’autres à notre humble échelle.&#xA;&#xA;Et vous, qu’est-ce qui vous rend indispensable ?&#xA;&#xA;lecture]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><p class="type-texte">LECTURE</p></p>

<h2 id="êtes-vous-un-rouage-de-la-machine" id="êtes-vous-un-rouage-de-la-machine">Êtes-vous un rouage de la machine?</h2>

<p>Parfois, on lit un livre qui ne change pas seulement notre façon de penser, mais aussi notre manière d’agir. <em><a href="https://www.goodreads.com/book/show/7155145-linchpin">Linchpin</a></em> de Seth Godin est l’un de ces livres.</p>



<p>Il pose une question simple mais essentielle : comment devenir indispensable dans un monde où tout le monde est remplaçable ? A l’heure où l’intelligence artificielle menace des emplois et où tout est formaté, normé, où tout les contenus se ressemblent. Comment trouver son originalité et explorer sa créativité?</p>

<p>Cette idée m’a profondément marqué, et voici ce que j’ai retenu.</p>

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<h3 id="être-un-linchpin-plus-qu-un-rouage" id="être-un-linchpin-plus-qu-un-rouage"><strong>Être un Linchpin : Plus qu’un Rouage</strong></h3>

<p>Dans son livre, Seth Godin critique le modèle industriel qui a façonné le monde du travail. Ce modèle nous pousse à suivre des règles, exécuter des tâches sans réfléchir, et devenir des rouages facilement remplaçables. Mais ce que propose Godin, c’est tout l’inverse : il nous invite à devenir des “linchpins”, ces personnes indispensables qui apportent une véritable valeur ajoutée, que ce soit par leur créativité, leur capacité à connecter les autres ou leur volonté de résoudre des problèmes.</p>

<p>Un linchpin, c’est la personne que l’on ne voit pas forcément, mais dont l’absence est immédiatement ressentie. C’est la barista qui se souvient de votre prénom, qui vous demande comment vous allez, et qui transforme une simple commande de café en une expérience personnelle.</p>

<p>C’est aussi l’employé qui va au-delà de ce qui est attendu, non pas parce que c’est “son travail”, mais parce qu’il voit une <strong>opportunité d’apporter quelque chose de plus</strong>.</p>

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<h3 id="créer-du-lien-et-donner-de-la-valeur" id="créer-du-lien-et-donner-de-la-valeur"><strong>Créer du Lien et Donner de la Valeur</strong></h3>

<p>Seth Godin insiste sur une idée forte : un linchpin crée du lien. Que ce soit dans son cercle proche, avec ses collègues ou même à grande échelle, il sait connecter les gens et donner de la valeur à ses interactions. J’ai trouvé cet aspect particulièrement inspirant. On parle souvent de productivité ou de résultats, mais <strong>combien de fois parlons-nous de l’impact émotionnel que nous avons sur les autres ?</strong></p>

<p>Un exemple m’a marqué : la barista que je voyais chaque semaine dans l’hôtel Eklo à la Cartoucherie à Toulouse. Elle se souvenait de mon prénom, connaissait ma commande, et prenait le temps de discuter. Rien ne l’obligeait à faire ça, mais elle le faisait. Et c’est précisément pourquoi je revenais chaque semaine. Elle avait compris ce que Godin appelle “l’art de donner plus que ce qui est attendu”.</p>

<p>Je ne venais plus juste pour prendre un café mais pour <strong>connecter avec un être humain.</strong></p>

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<h3 id="le-mythe-du-self-made-man" id="le-mythe-du-self-made-man"><strong>Le Mythe du Self-Made Man</strong></h3>

<p>L’une des choses qui m’a particulièrement touché dans le livre, c’est la démystification du “self-made man”. Godin rappelle que personne ne réussit seul. Un Linchpin sait qu’il fait partie d’un tout et qu’il doit s’appuyer sur les autres tout autant qu’ils s’appuient sur lui.</p>

<p><strong>Créer des connexions authentiques</strong>, partager des idées et collaborer sont au cœur de cette philosophie.</p>

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<h3 id="être-un-linchpin-dans-un-monde-de-machines" id="être-un-linchpin-dans-un-monde-de-machines"><strong>Être un Linchpin dans un Monde de Machines</strong></h3>

<p>Godin met également en lumière un problème : la standardisation du travail. Depuis l’époque de Ford et des chaînes de production, tout a été optimisé pour que les employés soient interchangeables. Aujourd’hui, même le travail intellectuel est compartimenté. On out source des tâches, on divise des projets en micro-étapes, et les individus deviennent de plus en plus déconnectés du résultat final.</p>

<p><strong>Mais un linchpin refuse cela</strong>. Il ne se contente pas d’exécuter des tâches. Il voit des problèmes, propose des solutions et, surtout, il prend des initiatives. Être un linchpin, c’est refuser d’être remplaçable.</p>

<p>C’est développer une compétence unique, inimitable, et la mettre au service des autres.</p>

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<h3 id="ce-que-j-en-retiens-pour-moi" id="ce-que-j-en-retiens-pour-moi"><strong>Ce que j’en retiens pour moi</strong></h3>

<p>Ce livre m’a poussé à réfléchir à ma propre approche du travail et de la vie. Je ne veux pas simplement “faire mon travail”.</p>

<p><strong>Je veux être cette personne qui, en voyant un problème, propose une solution.</strong></p>

<p>Je veux créer du lien, inspirer, et apporter quelque chose d’unique.</p>

<p>Être un linchpin, ce n’est pas forcément être un leader charismatique ou un génie visionnaire comme Steve Jobs. Cela peut être aussi simple que de s’impliquer avec passion dans ce qu’on fait, de prendre des initiatives, et de toujours chercher à donner un peu plus que ce qui est attendu.</p>

<p>Je l’applique au quotidien avec le travail que je fais sur <a href="https://www.instagram.com/lart_de_dire/">l’Art de Dire</a>, le podcast que j’anime avec mes ami.e.s autour de la pris de parole en public. Nous voulons donner au plus grand nombre les enseignements que nous avons reçu dans la prise de parole en public afin que tout le monde puisse se l&#39;approprier. Et ce livre m&#39;a convaincu que <strong>je n&#39;avais pas besoin d&#39;être Barack Obama</strong> pour partager à mon échelle ce que je fais.</p>

<p>Aussi, Godin m&#39;a convaincu de ne pas craindre d&#39;être pleinement moi-même. Il m&#39;a appris à embrasser mon rôle d&#39;artiste : celui qui voit le monde différemment et enrichit la palette de nuances là où d&#39;autres préfèrent un monde en noir et blanc.</p>

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<h3 id="et-vous" id="et-vous"><strong>Et vous ?</strong></h3>

<p>À votre tour, posez-vous la question : êtes-vous un linchpin dans votre travail, dans votre vie personnelle ou dans vos projets ? Quels gestes, quelles idées, quelle énergie pourriez-vous apporter pour devenir indispensable ?</p>

<p><em>Linchpin</em> de Seth Godin est une invitation à être plus que ce que l’on attend de nous, à devenir une source de valeur unique dans tout ce que l’on entreprend.</p>

<p>A inspirer d’autres à notre humble échelle.</p>

<p><strong>Et vous, qu’est-ce qui vous rend indispensable ?</strong></p>

<p><a href="https://ryannyamey.fr/tag:lecture" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">lecture</span></a></p>
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      <pubDate>Fri, 24 Jan 2025 11:28:20 +0000</pubDate>
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